Le programme du jour : Goyave – Gosier, un tour dans le lagon de Goyave, un grand bord jusqu’à Bas-du-Fort, remontée au près vers Gosier puis 2 tours de l’îlet Gosier avant l’arrivée à la plage de la Datcha.
Le vent est au sud-est, ce qui veut dire que nous rejoindrons Gosier au largue. De quoi nous mettre en confiance après la performance de la veille sur la descente à Goyave. La tactique est établie : assurer le départ, bien sortir du lagon, déposer tout le monde sur le bord de largue et limiter la casse au près avant l’arrivée.
Départ en ligne devant le port de Goyave, la ligne est assez favorable au bateau.
« - Tristan, toute la flotte s’amasse coté bateau, descend sous le paquet on partira lancé dans le premier trou
- Ok, j’y vais
- On est en avance, on fait un tour !
- Ok, paré à virer ?
- Paré
- Paré
- On vire … On abat … Paré à empanner ?
- Paré
- On empanne … super … on loffe, ça borde.
- Parfait, tu vois Thelier arrété sur la ligne, on passe en dessous et on se lance.
- Le temps ?
- 30 secondes… 20 secondes … 15 secondes, c’est parti on se lance
- On est à combien de la ligne
- 1 longueur, c’est bon, Tristan, on y va, 10 … 9 … 8 … 7 … 6 …
- Ok c’est parti, on borde au près
- 5 … 4 … 3 … 2 … 1 … Tnuuuuuuut »
Beau départ, prise de risque minimale. Nous pouvions démarrer quelques secondes plus tôt, mais Tristan a préféré assurer. Seul Fouté Fé de Claude Thélier est parti avant nous. Certain diront qu’il a volé le départ …
Problème, plus rapide que nous au près, il nous enfume rapidement. Un petit bord pour se recentrer nous permet de nous dégager et qui plus est d’attaquer la bouée au vent en layline tribord. Gros combat à la bouée avec une flotte très regroupée, El Désirada nous refuse même le tribord mais nous parvenons à virer à temps pour l’éviter et par miracle faire la bouée.
A la sortie du lagon, on « marche » un peu sur les cailles, nous sommes environ en 10ème position. 1er objectif rempli. C’est parti pour 1 heure de pur plaisir.
« - Allez Pierre, on installe le tangon.
- Ok
- On s’avance dans le bateau
- Et ça surfe !
- Wahouuuuuuu ! »
Nous remontons nos concurrents les uns après les autres pour prendre la 2ème position derrière Fouté Fé. On nous dira qu’à ce moment on n’entend que le nom de Bwa Bandé sur le direct radio RCI. Nous avons plus de vitesse que Claude mais une petite hésitation nous empêchera de le passer avant la bouée de Bas-du-Fort. Nous commençons par attaquer loin sous le vent.
« - Vous voyez la bouée, les gars ?
- Non !
- Elle doit être dans Grand-Baie !
- Oui mais Grand-Baie, c’est vaste
- Ecoute Tristan, on a du mal a passer sous le vent et si la bouée est en haut de la baie, on est pas bien, on va attaquer au vent. »
Et c’est là l’erreur, nous voilà parti à lofer et forcément perdre un peu de terrain. On attaque au vent mais une peu trop près et on ne la fait pas à Claude. En fin stratège, il nous ferme la porte puis nous contrôle.
« Eh les gars, la bouée elle là-bas en bas, pourquoi vous êtes remonté comme ça, maintenant vous ne passerez plus ! »
Et nous ne passerons plus, nous passons la bouée dans le sillage de Claude avec une belle avance sur les poursuivants. Le 2ème objectif est atteint malgré un petit regret pour cette faute tactique. Maintenant c’est parti pour le combat au près.
Sans surprise, Fouté Fé s’échappe. Nous savons être moins performant sur cette allure que nos poursuivants mais limitons les dégâts, nous sommes en 6ème position au premier passage de l’îlet et confiant pour obtenir une place dans les 10.
Et là toujours 6ème au deuxième passage devant le phare de l’îlet, nous suivons à 4 longueur le sillage de Calin du Matin d’Alain Dabriou, lui passe le phare mais quand arrivons au vent de la falaise une grosse série de vague se lève. Première déferlante :
« - les gars, je la prend de face !
- bateau à plat ! à plat ! »
La première vague a quasiment rempli le bateau.
« - les gars bateau à plat, il faut que j’abatte pour relancer »
Deuxième déferlente :
« la même les gars, à plat ! à plat !
- c’est bon c’est passé ! Tristan tu peux abattre, fais de la vitesse !
- ok, allez on vide le bateau, à fond ! à fond !
- allez Isa, donne tout ce que t’as, il faut pas qu’on coule, il faut pas qu’on coule !
- J’en peux plus, relaye moi.
- Ok, je descends, tiens, prend la grand voile.»
A ce moment, passé la caille de l’îlet, Philippe Petit sur Soguadim, qui vient de nous passer au vent :
« - Tribord !
- Philippe, fais pas ça on est plein d’eau, on peut pas empanner !
- Vous êtes des malades les gars, des malades !
- Allez on choque tout, on le laisse passer. »
Nous sommes alors en 7ème position, le temps de finir de vider le canot, Philippe Fiston nous rattrape. S’ensuit une belle lutte à l’approche de la dernière bouée sous le vent. Nous arrivons sur un bateau au mouillage, Philippe :
« - obstacle les gars
- Non c’est pas un obstacle, tu peux passer de l’autre coté
- C’est un obstacle je suis engagé
- Non, t’as pas d’eau »
Après ce coup de bluff la lutte continue et nous parvenons à rompre l’engagement à l’entrée des 2 longueurs. Mais, émoussé que nous sommes après cette grosse frayeur et les efforts pour la rattraper, erreur de débutant ou manque de lucidité : nous ratons la bouée ! Demi-tour, obligé de la repasser, 3 bateaux ont le temps de nous doubler, nous en reprendrons 1 ou 2 pour finir en 9ème position, notre meilleur résultat sur le tour jusqu’à maintenant. Le podium du jour est composé de Ludovic Samson des Saintes suivi de Patrick Forbin et Jean Forbin, Claude Thélier est déclassé, le jury ayant estimé son départ prématuré.